Reference : V-P-KPKR-E-00119
Date : 1965
Country/Region : NORTH KOREA; JAPAN
Caption : Hiroshima. Visit of ICRC president in 1965.
Photographer : s.n.
Confidentiality level : public
Publication restrictions : publication without restrictions
Copyright : ICRC
Description : Le Président du CICR, M. S.A. Gonard, Mme Gonard, M. J.P. Maunoir, M. A. Durand, lors de leur visite au Japon.


Photo tirée d'un album photographique, conservé aux Archives du CICR, réalisé par Elsa Casal, déléguée CICR, sur le rapatriement vers la Corée du Nord des Coréens résidant au Japon (1959-1967)


L'album comporte dans les premières pages une introduction texte de 2 pages dont voici un extrait:

[…]

A la fin de l'occupation américaine du Japon, les Coréens qui résident dans ce pays sont environ 600 000. Ils réclament toujours à grands cris de pouvoir rentrer chez eux, où ils espèrent avoir une vie meilleure.

Les départs vers la Corée du Sud sont libres, mais comme le Japon n'entretient aucune relations (diplomatiques, postables, ou commerciales etc…) avec la Corée du Nord, la Société de Croix-Rouge du Japon organise avec la Société de Croix-Rouge nord-coréenne le rapatriement des Coréens du Japon vers la Corée du Nord. Ce rapatriement est considéré comme un problème humanitaire, car le Japon estime qu'il a des responsabilités et des devoirs envers des gens qui, en partie, ont été forcés de résider hors de leur pays. Mais ce problème humanitaire a des incidences politiques: la Corée du Sud s'oppose au rapatriement, disant que la "déportation" des Coréens du Japon vers la Corée du Nord ne sert qu'à renforcer sa rivale. Elle menace de faire canonner et couler les bâteaux de rapatriement en haute mer.

La CR du Japon fait appel au CICR, qui promet sa collaboration. Ses délégués contrôleront avant les départs que tous les partants quittent le Japon de leur propre volonté, qu'aucun Coréen n'est forcé de partir, et qu'aucun Coréen désirant partir n'est forcé de rester au Japon contre son gré. Cette intervention du CICR calme les oppositions.

Les deux sociétés de Croix-Rouge, du Japon et de la République démocratique populaire de Corée, signent l'Accord de Calcutta (13 août 1959) qui règle les modalités du rapatriement. La CR du Japon prendra soin des rapatriés depuis leur lieu de domicile au Japon jusqu'au port de Niigata, où ils seront pris en charge par des représentants de la CR de Corée du Nord. Ils seront transportés à travers la Mer du Japon par des navires de la CR soviétique, affrêtés par la CR nord-coréenne.

Le premier départ des rapatriés a eu lieu le 19 décembre 1959. Jusqu'à la fin décembre 1967, il y a eu 155 départs et 88 611 Coréens résidant au Japon sont partis pour la Corée du Nord.

En 1967, sous pression de la Corée du Sud, le Gouvernement japonais a ordonné au la CR du japon de ne pas renouveler l'Accord de Calcutta. Les 3300 bureaux du Japon, où les Coréens présentaient leur candidature au départ, ont été fermés le 12 août 1967. L'Accord de Calcutta a été déclaré échu par le Japon le 12 novembre 1967, mais la Corée du Nord ne reconnaît pas cette décision. En août-septembre 1967 à Moscou, puis en décembre-janvier 1967/68 à Colombo, des délégués des Sociétés de CR du japon et de la Corée du Nord se sont rencontrés, pour négocier un accord à court terme afin de rapatrier les quelques 17 000 Coréens inscrits avant le 12 août et qui n'ont pas encore pu prendre le départ.

[…]
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Suivent d'autres paragraphes sur l'organisation des rapatriements dont voici un extrait

Les Coréens passaient quelques jours au Centre de la CR japonaise à Niigata, pour exécuter les dernières formalités du départ, et en particulier pour confirmer devant les délégués du CICR leur libre volonté de quitter le Japon pour la Corée du Nord. Finalement, ils étaient accueillis au port de Niigata par des représentants de la CR nord-coréenne et ils s'embarquaient.



ICRC Archives reference : ACICR, V CI-197
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